Contrat déjà rempli
L'objectif affiché de l'équipe de France avant le début du Mondial était les quarts de finale. On peut donc considérer que le contrat est rempli pour les joueurs de Claude Bergeaud et que tout ce qu'il peut leur arriver maintenant est du bonus. Néanmoins, l'affiche proposée pour ce quart de finale, mercredi à Saitama, est trop belle, sent trop la poudre, pour ne pas espérer que les Bleus s'imposent. Cela fait vingt-trois ans que la France n'a plus battu la Grèce en compétition officielle. La dernière défaite fut certainement la plus douloureuse. En demi-finale de l'Euro, l'an dernier, les Bleus menaient de sept points à quarante secondes de la fin, avant de laisser la victoire leur échapper. L'envie de prendre une belle revanche doit donc être présent dans les esprits français. Mais au-delà de ce pied de nez au destin que constituerait un succès, deux autres carottes peuvent faire avancer les coéquipiers de Boris Diaw : s'ouvrir la route vers une éventuelle première médaille mondiale et s'offrir un match de gala contre les Etats-Unis en demi-finale, si ceux-ci battent l'Allemagne, bien évidemment.
Deux grands absents
L'obstacle grec sera cependant d'un autre calibre que l'Angola, éliminé en huitièmes de finale. Les champions d'Europe possèdent un collectif rodé et homogène et sont les maîtres du contrôle du ballon et de la maîtrise du temps. En un mot, ce sont eux qui dictent le jeu lors d'un match. S'ajoute à cela un mental hors du commun, qui leur permet de se sortir de situations inexctricables. Et même si Nikos Zisis, le meilleur jeune joueur européen cette saison, est blessé depuis le premier match, victime d'une triple fracture à la mâchoire, les Grecs font peur.
D'autant que les Bleus ne se sont pas totalement rassurés face à l'Angola. Orphelins de Tony Parker, qui ne sera même pas présent dans les tribunes comme il l'avait prévu à cause d'un avis défavorable des Spurs, les Bleus peinent toujours à retrouver leurs marques, et souffrent d'un tir extérieur exécrable. Certes, chacun admet qu'avec Parker, les Grecs auraient sûrement été plus inquiets, mais ils ont fait sans lui depuis le début de la compétition, ils peuvent continuer. «C'est vrai qu'il nous manque Tony, mais il faut voir que l'équipe a bien tourné sans lui pour l'instant, on va continuer à essayer de compenser», affirme le pivot Frédéric Weis.
Le salut des Bleus passera ainsi sûrement par sa défense, et là, face au poids des Grecs, le défi est à la mesure de la récompense. «Les Grecs sont équipés, c'est lourd, c'est rude, mais nous ont ne fait pas dans la dentelle non plus, souligne encore Weis. Il faudra défendre dur et mettre la pression sur le ballon comme on sait le faire.» La revanche tant attendue est à ce prix. (Avec AFP)
LA COMPOSITION DES EQUIPES :
France :
Meneurs : Aymeric Jeanneau (27 ans, 1,85 m, Villeurbanne/ProA), Joseph Gomis (28 ans, 1,80 m, Valladolid/ESP)
Arrières-ailiers : Laurent Foirest (32 ans, 1,97 m, Villeurbanne), Mickaël Gelabale (23 ans, 2 m, Seattle Supersonics/NBA), Mickaël Pietrus (24 ans, 1,98 m, Golden State Warriors/NBA), Yannick Bokolo (21 ans, 1,88 m, Le Mans/ProA), Mamoutou Diarra (26 ans, 1,98 m, Chalon-sur-Saône/ProA)
Intérieurs : Boris Diaw (24 ans, 2,03 m, Phoenix Suns/NBA), Florent Pietrus (25 ans, 1,99 m, Malaga/ESP), Frédéric Weis (29 ans, 2,18 m, Bilbao/ESP), Ronny Turiaf (23 ans, 2,06 m, Los Angeles Lakers/NBA), Johan Petro (20 ans, 2,12 m, Seattle Supersonics/NBA)
Sélectionneur : Claude Bergeaud
Grèce :
Meneurs : Theodores Papaloukas (29 ans, 2 m, CSKA Moscou/RUS), Dimitris Diamantidis (26 ans, 1,98 m, Panathinaïkos Athènes/GRE)
Arrières-ailiers : Vassilis Spanoulis (24 ans, 1,91 m, Panathinaïkos Athènes/GRE), Nikolaos Chatzivrettas (29 ans, 1,96 m, Panathinaïkos Athènes/GRE), Panayotis Vassilopoulos (22 ans, 2,O3 m, Olympiakos Le Pirée/GRE)
Intérieurs : Sofoklis Schortsianitis (21 ans, 2,06 m, Olympiakos Le Pirée/GRE), Papadopoulos (26 ans, 2,10 m, Dynamo Moscou/RUS), Mihalis Kaziouzis (29 ans, 2,07 m, FC Barcelone/ESP), Antonis Fotsis (25 ans, 2,09 m, Dynamo Moscou/RUS), Dimos Dikoudis (29 ans, 2,05 m, Valence/ESP), Kostas Tsartsaris (26 ans, 2,09 m, Panathinaïkos Athènes/GRE)
Sélectionneur : Panagiotis Yannakis